Force & Honneur


 
                                          

 

En créant la légion étrangère le 9 mars 1831, Louis-Philippe, Roi des français, reprenait une formule qui avait fait ses preuves sous l’ancien Régime comme au sein de la Grande Armée. Celle des étrangers au service de la France. La nouveauté était de regrouper ces étrangers au sein d’une même Unité plutôt que de former des Régiments par Nationalité comme avait été le cas précédemment.

                        Louis-Philippe Ier, roi des Français
                                     1773 - 1850



Constituée sur ce principe, la légion se montra à la hauteur de l’héritage glorieux que lui transmettaient les 400 régiments étranger qui l’avait précédée. Son efficacité étant rapidement prouvée, elle ne cessera d’être employée sur tous les théâtres d’opérations, en Europe et outre-mer, sous tous les gouvernements, partout où la France aura décidé d’engager ses armées.

En 1831, la conquête de l’Algérie venait de commencer et réclamait déjà de nombreux renforts. La légion fut crée pour fournir cet appoint de troupe. Elle se forma à partir des soldats de métier sans emploi après les guerres impériales et des révolutionnaires venus de l'Europe entière qui ont trouvé refuge en France. Les étrangers ont quitté précipitamment leur pays et n'ont plus de pièces d'état civil. Pour faciliter leur recrutement, le législateur autorise les engagements sur simple déclaration d'identité. Cette disposition, simplement utilitaire à son départ, permet en pratique de commencer une nouvelle vie. Une grande partie du mythe de la Légion, et du mystère qui entoure le légionnaire, vient de cette "deuxième chance" que la Légion offre à ceux qui acceptent ses règles. La loi du 9 mars 1831 (entérinée par décret d'application le 10 mars) pose ainsi les deux principes essentiels qui fondent, encore aujourd'hui, la particularité de la Légion : le service à titre étranger et la possibilité de servir sous identité déclarée.

L’Algérie, berceau de la légion

Les premiers légionnaires débarquent en Algérie en août 1831. Ils reçoivent le baptême du feu devant Maison Carrée le 27 avril 1832 puis, se taillent la réputation de soldats vaillants et endurants au fil des combats. Et en le même temps, au fil de l’avancé de l’armée française, maniant tour à tour la pioche et le fusil et imposent un style qui deviendra bientôt la marque de la Légion : le soldat-bâtisseur. Leur chef-d’œuvre : Sidi-Bel-Abbès, une ville qu'ils bâtissent en 1843 et qui deviendra leur Maison Mère et la capitale de la Légion...

L’Espagne et la naissance de l’amalgame

Le 29 juin 1835, quatre ans après sa création, la Légion étrangère est cédée au gouvernement espagnol pour soutenir la reine Isabelle II dans sa lutte contre la rébellion carliste. En 1838, des 4000 légionnaires partis derrière leurs officiers, 500 légionnaires seulement rejoindront la France après trois années de calvaire.
Au cours de cette campagne va être mis en application un principe toujours en vigueur de nos jours : celui de l'amalgame. Peu satisfait du système des bataillons par nationalités, le général Bernelle va brasser les légionnaires dans les unités, quelles que soient leur origine et imposer le français comme langue de commandement. La Légion y trouvera une cohésion jamais démentie.

 Général Bernelle

La nouvelle Légion

L'absence des légionnaires s'est fait cruellement sentir en Algérie : le 16 décembre 1835, moins de six mois après s'être séparé de la première, Louis Philippe décide la création d'une nouvelle Légion étrangère. Les effectifs sont facilement levés et En 1841, la Légion se scinde en deux régiments. La nouvelle Légion marche sur les traces de son aînée. Constantine (1837), Djidjelli (1839), Millianah (1840), Zaatcha (1849), Ischeriden (1857) constituent les étapes d'un parcours glorieux. La Légion acquiert sa réputation : une troupe solide au feu, rustique et endurante, sur laquelle on peut compter en toutes circonstances.

 Constantine 1837

  Ischeriden 1857

  Zaatcha 1849  


Les guerres impériales

Sans interrompre son action en Algérie, la Légion participe aux campagnes du Second Empire. En Crimée (1854-1856), avec le siège de Sébastopol, et en Italie (1859), où elle s'illustre à Magenta et à Solferino.

  le siège de Sébastopol

  Magenta

  Solferino

Le Mexique enfin, ou la Légion étrangère conquiert un de ses plus beaux titre de gloire « le combat de Camerone » le 30 avril 1863. L'héroïque résistance de la compagnie du capitaine Danjou dans l’hacienda de Camerone fut adoptée comme un symbole et comme un modèle de comportement au combat dans toute la Légion. Faire Camerone devient alors l'expression qui illustre le sens du devoir lorsque les circonstances du combat deviennent défavorables...

 

le combat de Camerone » le 30 avril 1863. L'héroïque résistance de la compagnie du capitaine Danjou dans l’hacienda de Camerone

 Lieutenant Grandmont du Régiment Etranger au Mexique

 Légionnaire photographié au Mexique vers 1866

Sur le sol français pour la premier fois

En 1870, la France est en difficulté face à la Prusse. Pour la première fois et contrairement à ce que prévoyait l'ordonnance de 1831, la Légion est appelée à servir sur le territoire continental du pays. Pour la première fois, elle incorpore également dans ses rangs des volontaires à statut particulier : les engagés volontaires pour la durée de la guerre (EVDG). Cette afflux massif de recrues n’empêche pas la légion, qui combat dans les rangs de des Armées de la Loire puis de l’est, de connaît l'amertume de la défaite.

 Légionnaire du 1ére Etranger, en tenue de sortie d'hiver (1884)

A la conquête de l'Empire

L'année 1883 voit la relance de la politique d'expansion coloniale de la France. Le gouvernement renforce les effectifs de la Légion et en fait le fer de lance de ses corps expéditionnaires partout où elle veut impoder sa présence. Au Tonkin à partir de  1883, sur l'île de Formose 1885, au Soudan 1892-1893, au Dahomey 1892-1894, à Madagascar 1895-1905 et au Maroc 1900 -1934, les chefs militaires et coloniaux apprécient la valeur exceptionnelle de cette troupe "à qui l'on peut tout demander". La réputation de la Légion étrangère est telle que le général Gallieni, désigné pour prendre le commandement du corps expéditionnaire de Madagascar formulera cette étonnante condition : "Je demande d'emmener avec moi 600 hommes de la Légion étrangère afin de pouvoir, le cas échéant, mourir convenablement"...
Mais la Légion n'est pas seulement une troupe combattante. Dans la phase de pacification qui succède aux avancées de l'armée française, elle participe activement, par la qualité et l'ampleur de ses travaux de génie civil, à la mise en valeur de la colonie.

 Carte île Formose 1885

 Carte du Dahomey 1892-1894

le Général Gallieni

1914-1918 : la première guerre mondiale

La Légion est à l'oeuvre au Maroc quand la Première Guerre Mondiale éclate. Une tradition, toujours en vigueur, s'applique alors : lorsque la France est en guerre, on demande aux légionnaires originaires du pays belligérant s'ils souhaitent ou non aller se battre contre leurs concitoyens. Le général Lyautey gardera ainsi les possessions françaises du Maroc, de 1914 à 1918, avec des légionnaires d'origine allemande. Les autres officiers généraux encadreront les volontaires étrangers qui, plus nombreux encore qu'en 1870, s'engagent pour défendre notre pays.
Cinq régiments de marche sont constitués. En raison des pertes sévères, ils sont réunis en en seul le 11 novembre 1915, pour former le légendaire Régiment de marche de la Légion étrangère. Le colonel Rollet commande le RMLE après la mort du colonel Duriez, tué à la tête de ses hommes. Il ramène de ces quatre années de guerre le drapeau le plus décoré de l'armée française avec celui du régiment d'infanterie coloniale du Maroc.

En lieutenant colonel Lyautey dans sa cagna à Ankazobé, chef lieu du 4e territoire
Madagascar 1898

Pacification du Maroc et du Levant

A partir de 1920, la Légion est engagée sur deux théâtres :
au Levant (Syrie et Liban), dans le cadre d'un mandat de la Société des Nations, et au Maroc, pour la phase finale de la pacification du pays. Inlassablement, les légionnaires marquent le territoire de leur trace. Le plus beau symbole de leur oeuvre reste le tunnel de Foum Zabbel, percé au pic et à la pioche dans le granit sur la route du Ziz. Bâti par les sapeurs pionniers du 3ème étranger, cet ouvrage est toujours mentionné sur les cartes actuelles comme étant "le tunnel du légionnaire". 

 Organisation schématique De la légion étrangère en 1935

Les Régiments Etrangers sont au nombre de six, dont cinq Régiments d’Infanterie et un de cavalerie. Ils atteignent un effectif d’environ 20.000 sous-officiers et légionnaires comme sait :



 ALGERIE
Premier Régiment Etranger d’Infanterie :

SIDI-BEL-ABBES
*** Etat-major
*** Détachement de la C.S.P du Régiment
*** Compagnie Hors Rang,
*** Compagnie d’Engins et Transmissions

GERYVILLE
*** 1ére Bataillons

AIN-SEFRA
*** 2éme Bataillon (PC 5éme Cie, C.M 2)
- 6éme et 7éme Compagnies

COLOMB-BECHARD
*** Compagnie de Discipline des Régiments Etrangers d’Infanterie

SOUK-AHRAS
*** 10éme Compagnie

TEBESSA
*** 3éme Bataillon (9éme, 11éme Compagnies, C.M. 3)

TABELBALA
*** Compagnie Automobile

LETERGMA
*** Compagnie de Sapeurs Pionniers

KENCHELA
*** Compagnie Montée d’Algérie

BENI-OUNIF
*** Un détachement du 2éme Bataillon

TAGHIT
*** Un détachement du 2éme Bataillon

FORT-POLINAC
*** Un détachement du de la C.M.A


Le dépôt commun des Régiments Etrangers d’Infanterie

SIDI-BEL-ABBES
*** Etat-major
*** Compagnies d’instruction
- des cadres
- de mitrailleuse
- d’engins et transmissions
- de passage N° 1°, 2° et 3°

SAIDA
*** Compagnies d’instruction N° 2° et 3°

AIN-EL-HADJA
*** Compagnies d’instruction N° 1°

LE KREIDER
*** Compagnies d’instruction N° 4

BEDEAU
BOSSUET Compagnies de passage N°4
EL RICHA
TLEMCEN

ORAN
*** Petit dépôt de la Légion

ARZEW
*** Centre de convalescents

MARSEILLE
*** Compagnie de Dépôt de Transition

TOUL
*** Annexe du Dépôt de Transition


 INDOCHINE
Cinquième Régiments Etrangers d’Infanterie

VIETRI
*** Etat-major
*** Compagnie Hors rang
*** 10éme Compagnie

TONG
*** 1ére Bataillon

DRAP CAU
*** 2éme Bataillon

SEPT PAGODES
*** 7éme Compagnie (1ére section)

TUYEN QUANG
*** 3éme Bataillon

YEN BAY
*** 9éme Compagnie

HA GIANG
*** Section spéciale

MAROC 
Deuxième Régiment Etranger d’Infanterie :

MEKNES
*** Etat-major
*** Compagnie Hors Rang
*** Compagnie d’Engins et Transmission
*** 2éme Bataillon

EL HADJEL
*** 5éme Compagnie

KHENIFRA
*** 1ére Bataillon

OUED ZEM
*** 2éme Compagnie

KSAR ES SOUK
*** Compagnie montée

MIDELT
*** 3éme Bataillon

KASBA TADLA
*** Compagnie de Sapeurs Pionniers

MARRAKECH
*** Batterie de marche

 
Troisième Régiment Etranger d’Infanterie :

 FES
*** Etat-major
*** Compagnie Hors Rang
*** Compagnie d’Engins et Transmission
*** 2éme Bataillon et Batterie de marche

TAZA
*** 3éme Bataillon

KERANDO
*** 1ére Compagnie

BOU DENIB
*** 3éme Compagnie

ERFOUD
*** Un détachement de la 3éme Compagnie

KSAR ES SOUK
*** 1ére Bataillon (2éme Compagnie et C.M. 1)

Quatrième Régiment Etranger d’Infanterie :

MARRAKECH
*** Etat-major
*** Compagnie Hors Rang
*** Compagnie d’Engins et Transmission
*** 1ére bataillon
*** Batterie de marche

OUARZAZAT
*** 2éme Bataillon

TILMI
*** 6éme Compagnie

AGADIR
*** 3éme Bataillon

FOUM EL HASSAM
*** Compagnie Automobile

TINDOUF
*** Détachement du 3éme Bataillon

Premier Régiment Etranger de Cavalerie :


OUAEZAZAT
*** Un groupement de trois escadrons



SYRIE
Quatrième bataillon formant corps du 1ére Etranger :

HOMS
*** Etat-major
*** 13éme, 14émeet 15éme Compagnie, S.H.R

PALMYRE
*** 16éme Compagnie
*** Compagnie montée


TUNISIE
Premier Régiment Etranger de Cavalerie :

SOUSSE
*** P.C
*** Deux escadrons

SIDI-EL-HANI
*** Un escadron de Dépôt


La seconde guerre mondiale

En 1939, la Légion présente le plus gros effectif de toute son histoire, avec plus de 45.000 hommes. Les 11ème et 12ème REI, le GRD 97, les 21ème, 22ème et 23ème RMVE (régiments de marche de volontaires étrangers), disparaissent dans la tourmente de 1940. La toute jeune 13ème DBLE (Demi-brigade de Légion étrangère) s'illustre à Narvik (Norvège), seule victoire française de la campagne de 1940. Elle entreprend ensuite une épopée qui la mènera de Bir Hakeim jusqu'à la victoire finale, aux côtés du 1er REC et du nouveau RMLE.

Remise du fanion d’une section du 2ème bataillon 12ème légion étrangère

12éme R.E.I., insigne MAUDUIT

    

Fanion du lieutenant MAUDUIT, 12éme R.E.I.
Musée de la Légion étrangère

Insigne de « La Chaîne », modèle en tissu


12éme Régiment Etranger d'Infanterie 11éme Régiment Etranger d'Infanterie

22ème RMVE (Régiments de Marche de Volontaires Etrangers)


Alors que laa guerre se termine en Europe mais les Japonais attaquent par surprise, le 9 mars 1945, l'ensemble des garnisons françaises d'Indochine. Une retraite épique, menée avec énergie par le général Alessandri, permet au 5ème REI, le régiment du Tonkin, de se regrouper en Chine, après deux mois de marches et de combats. Avec plus de 9.000 morts, la Légion étrangère a lourdement contribué à la libération de l'Europe, sans pour autant connaître le repos pour autant dans les années qui vont suivres.

  L’état-major du 5e R.E.I. en 1936


 Drapeau du 5éme REI au TONKIN

 Insigne du 5éme REI

Fanion du 1er bataillon (Collection du musée de la Légion étrangère)

La guerre d'Indochine

A partir de 1946, le 2ème REI, la 13ème DBLE, le 3ème REI et le 1er REC débarquent successivement en Indochine. Ils sont bientôt renforcés par des unités d'un type nouveau : les bataillons étrangers de parachutistes. Dans cette guerre où le gouvernement ne veut pas engager le contingent, la Légion sera largement mise à contribution avec des effectifs qui atteindront dans cette période 30.000 hommes, dont une large majorité d'allemands. De Phu Tong Hoa à Dien Bien Phu, la Légion perd en Indochine 300 officiers dont 4 chefs de corps, et plus de 10.000 sous-officiers et légionnaires. Cette campagne est la plus meurtrière de toute son histoire.

Retour en Algérie

Avant même que ne cessent les hostilités en Indochine, les premiers troubles apparaissent en Afrique du Nord. La Légion combat d'abord au Maroc et en Tunisie. En Algérie ensuite, où elle inflige de sévères pertes aux bandes rebelles. Malgré les résultats militaires des opérations, l'Algérie deviendra algérienne et les légionnaires devront quitter cette terre sur laquelle, cent trente ans plus tôt, leurs aînés avaient débarqué. En 1962, le monument aux morts et la Maison Mère quittent Sidi-bel-Abbès pour être implantés à Aubagne. La Légion va chercher à se créer de nouvelles racines.

SIDI-BEL-ABBES - Monuments aux Morts de la Légion Etrangère

 

Le monument aux morts

En 1927, le colonel Rollet veut célébrer avec faste le centenaire de la création de la Légion étrangère. Il décide d'ériger un monument en souvenir de ses morts. La conception artistique du monument est confiée au sculpteur Pourquet, celui-ci travaille sur des esquisses du peintre Mahut. Le 28 janvier 1928, Pourquet présente au colonel Rollet la première maquette du monument: un cénotaphe rectangulaire, orné de guirlandes et surmonté d'un globe terrestre, reposant sur une brassée de palmes. Quatre légionnaires en armes montent la gardent aux angles du cénotaphe. Ils représentent les légionnaires de l'époque 1830-1840, de la campagne du Mexique, des conquêtes coloniales entre 1885 et 1910 et le volontaire de la guerre 1914-1918. La mappemonde, les palmes, les guirlandes et les statues seront en bronze. Le cénotaphe réalisé en béton par les sapeurs pionniers du 1er REI, sera entièrement recouvert de plaques d'onyx tirées de la carrière de Sidi-Hasma, secteur de Tlemcen, et extraites par les légionnaires du 1er Etranger. Le ministre de la guerre ayant autorisé la construction, refusera de la financer. Ce sont les légionnaires qui paieront le monument en laissant pendant quatre années une journée de solde par mois. La réalisation de l'assise est terminée le 9 septembre 1930, et la construction du monument proprement dite débute le 8 octobre. Le plus difficile est la mise en place du globe terrestre reposant sur son lit de palmes. En dernier lieu, les quatre sont montés. La touche finale apportée au monument aux morts consiste à délimiter à la surface du globe les pays où la Légion est intervenue depuis 1831, et d'en dorer le territoire. Le lieutenant-colonel Maire ne laisse à personne le soin de procéder à cette opération. Il applique lui-même la dorure faisant ressortir ces pays sur le fond de bronze du globe. Le monument est entièrement terminé dans les premiers jours du mois de mars 1931. La date d'inauguration est arrêtée au 30 avril 1931.

Le monument aux morts, actuellement

D'après une légende, les légionnaires emprunteraient les silhouettes du colonel Combes, du capitaine Danjou, du commandant Brundsaux et du colonel Duriez. La vérité est tout autre. La seule ressemblance certaine est celle du légionnaire des compagnies coloniales. C'est à la demande du colonel Rollet que le sculpteur a donné à cette statue le visage du commandant Brundsaux. Le 26 octobre 1962, le monument sera démonté et reconstruit à Aubagne, ce sera le premier travail accompli par les légionnaires dans le nouveau quartier du 1er Etranger. Le monument sera à nouveau érigé pour célébrer la cérémonie de Camerone le 30 avril 1963. Le monument aux morts a été conçu, à Sidi-bel-Abbès, de façon à ce qu'il ne bouge plus. Pendant le démontage, les plaques d'onyx se sont brisées, ce qui les rendait inutilisables. A Aubagne, elles ont été remplacées par des plaques de marbre blanc des carrières de Provence.

    

                              Commandant Brundsaux                                                 Colonel Duriez

Culteur en plein travail

 

Les années transition

Engagée sans relâche au combat depuis sa création, la Légion aborde les années soixante dans une configuration totalement nouvelle. A l'instar du reste de l'armée, ses effectifs ont été largement diminués et son centre de gravité s'est déplacé en métropole. Elle conserve néanmoins une forte vocation à l'emploi outre-mer et y maintient une présence importante. Des garnisons sont créées à Madagascar, en Guyane, à Djibouti, en Polynésie française et dans l'archipel des Comores. Dans ces années où le baroud se fait rare, le légionnaire va trouver l'occasion de se dépasser en se lançant dans des chantiers dignes de ses anciens du Maroc. Le 5ème RMP (5eme régiment mixte du Pacifique) crée en Polynésie les infrastructures nécessaires aux essais nucléaires français. En Guyane, le 3ème REI accomplit des exploits pour percer la route de l'est et aménager le site de lancement du centre spatial guyanais. En métropole, le 61ème BMGL puis la CRTLE travaillent à la construction de pistes dans les grands camps militaires du Sud de la France

Insigne du 61ème BMGL

 

Compagnie. Renforcée de Travaux de la Légion Etrangère

Créée le 21 janvier 1976, la compagnie de soutien s’implante à Hao, l’une des bases d'importance du C.E.P.

Insigne de la compagnie de soutien s’implante à Hao

 Insigne du 5éme RMP

L'arrêt des expériences aériennes entraîne sa dissolution en juin 1977. Ses éléments sont affectés dans les unités stationnées à Mururoa.

 Insigne du 5éme Régiment Etranger stationnées à Mururoa

Le drapeau du 5e régiment étranger.
Les inscriptions contenues dans ses plis content sa glorieuse épopée

 Camerone 1863.
Sontay 1883 - Bac Ninh 1884.
Tuyen Quang 1885 - Langson 1885.
Indochine 1945-1946--1949-1954.

Ce régiment n'exite plus, son drapeau ce trouve au musée de la légion à Aubagne. Votre drapeau entre aujourd'hui au musée d'Aubagne, temple du souvenir de la Légion étrangère. La Légion sait ce qu'elle vous doit, elle ne vous oubliera jamais ! ».
Général de division GRAIL, commandant la Légion étrangère.

Retour aux opérations

La Légion est engagée au Tchad de 1969 à 1970, et y retournera de 1978 à 1988. En 1978, les feux de l'actualité se braquent le 2ème REP. L'audacieuse opération aéroportée menée sur Kolwezi (Zaïre) permet au régiment de sauver la population européenne du massacre. En 1983, la Légion s'engage à Beyrouth, dans le cadre de la Force multinationale de sécurité.

   

Croix de la bravoure militaire Zaïroise avec palme   

                                                                                  Colonel Philippe Erulin

Les légionnaires du 2éme REP, l'audacieuse opération aéroportée menée sur Kolwezi mai 1978.

    

 Beyrouth dans le cadre de la Force multinationale de sécurité

En 1991

... lors de la guerre contre l'Irak, plus de 2.500 légionnaires participent au sein de la division Daguet à l'opération victorieuse Tempête du désert. Le 1er REC, le 2ème REI sauf la 1ére Cie resté en intervention au Gabon puis en base arriére sur sa garnison de Nîmes et le tout jeune 6ème REG y gagneront chacun une citation à l'ordre de l'armée. Les opérations vont ensuite se multiplier pour la Légion et le reste de l'armée française, dans un cadre qui devient multinational.

   Opération Requin GABON 1990

 

 

Opération Daguet  

Un nouveau cadre d'emploi

A partir de 1992 marque le début des actions de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU. La Légion intervient au Cambodge (1992-1993), en Somalie (1992 et 1993), au Rwanda avec l'opération Turquoise (juillet à septembre 1994). Depuis 1993, les unités Légion se succèdent en ex-Yougoslavie dans le cadre des mandats fixés à l'armée française.

 

Somalie , la 3éme Cie du 2éme REP 1993

 

1ére Cie du 2éme REI commander par le CPT NICOL Rwanda avec l'opération Turquoise

 

Le 2éme REI commander par le LT. C LECEF ex-Yougoslavie

Ils restent prêts à intervenir dans des missions plus classiques comme ce fut le cas en 1996 à Bangui, en 1997 à Brazzaville.

2001 - 2007...

Maintien de la paix, rétablissement de la paix, interposition, contrôle de foules, collecte d'armes : les légionnaires s'adaptent à toutes les missions qu'un leur confie. En 2002, ils étaientà Kaboul, certains comme instructeurs pour participer à la formation de la nouvelle armée afghane, d'autres pour déminer. En 2004 et 2005, la Légion est engagée en Haiti, en Afghanistan (dans le cadre des opérations PAMIR et EPIDOTE), en Côte d'Ivoire, au Kosovo et en Asie du Sud-Est, dans le cadre de l'opération BERYX d'aide aux victimes de catastrophes naturelles. En 2006, elle est engagée à nouveau en Côte d'Ivoire, mais aussi au Liban, dans le cadre de l'opération BALISTE, puis dans le cadre de la FINUL renforcée. Et toujours, quelle que soit la mission du moment, ils s'entraînement inlassablement pour être immédiatement opérationnels d'ils devaient être engagés dans un conflit à haute intensité.


Honneur et Fidélité

Depuis 1831, plus de 35 000 légionnaires sont tombés au champ d'honneur "Etranger devenus fils de France, non par le sang  reçu mais par le sang versé". La légion Etrangére a su à traverser le temps. Elle a résisté aux turbulances de l'histoire et à tous les changements politiques. Elle a toujours su s'adapter à l'évolution des tecniques et l'a même parfois provoquée. Elle montre tous les jours qu'elle est capable de s'adapter à toutes les missions nouvelles et quelquefois inattendus qui sont confiées aux armées.

Mais par dessus tout, elle a su aussi garder intactes ses valeurs et toutes les qualités
de cette vielle légion dont Lyautey disait au Maroc

"On ne serait proclamer trop haut les mérites de cette troupe admirable
et la bonne fortune que c'est pour la France
d'en avoir une telle à son service"